Approche
Ce journal est fait avec l'aide d'une IA. Un lecteur a le droit de savoir comment ce qu'il lit a été fabriqué avant de décider ce qu'il en fait : voici qui fait quoi, et ce que cette méthode laisse passer.
Ce que fait le journal
Le Long Terme part de choses qu'on ne comprend pas. Pas seulement des lois : un prix qui ne veut rien dire, une règle qui semble absurde, une habitude que personne n'a choisie. Chaque sujet impose sa forme, et aucun article ne suit un plan type.
Une chose ne change pas d'un sujet à l'autre : les arguments sont exposés avant d'être jugés, ceux en faveur comme ceux en défaveur. Presque rien n'est absurde vu de l'intérieur. Il y a une raison, un intérêt, une contrainte, une histoire. Un article qui saute cette étape pour arriver au chiffre ne démontre rien : il fait applaudir ceux qui étaient déjà d'accord.
L'article s'arrête là où commence l'opinion. Le journal donne de quoi juger — ce qui est en jeu, ce que disent les uns, ce que disent les autres, et d'où viennent les chiffres. Conclure revient au lecteur.
Le rôle de l'intelligence artificielle
L'IA sert principalement à chercher. Retrouver les rapports, les tableaux et les textes officiels qui portent un chiffre, puis les réunir dans un même fichier avec leur source et leur date : c'est là qu'elle fait gagner le plus de temps, et c'est ce qui permet de tenir un article par semaine à une personne seule.
C'est aussi là qu'une erreur se voit le moins. Une IA ne se trompe pas comme une machine à calculer : elle produit un nombre du bon ordre de grandeur, dans la bonne unité, attribué à un rapport qui existe et qui ne le contient pas. Rien dans sa forme ne le distingue d'un chiffre exact.
Tout nombre publié ici a donc été retrouvé par la rédaction dans sa source primaire, et la date de cette consultation est affichée à côté. Un chiffre dont le lecteur ne peut pas ouvrir la source ne paraît pas.
Cette règle est appliquée par le compilateur, pas par la bonne volonté : le format du site refuse de se construire si un chiffre n'a pas de source, de lien et de date de relevé. Une règle de relecture se contourne un soir de bouclage ; une compilation qui échoue, non.
La rédaction des textes est assistée elle aussi. Aucun article ne paraît tel qu'il sort de la machine : chacun est réécrit et relu en entier par la rédaction avant publication. Les redites sautent, les phrases qui tournent à vide aussi, et le jargon qui suppose connu ce que l'article est censé expliquer.
Ce que l'IA ne fait pas : décider ce qui est publié, et valider un chiffre. Ces deux gestes engagent le journal, et ils restent humains.
La signature
Les articles sont signés « la rédaction », et aucun nom d'auteur n'apparaît. Inventer un journaliste pour un journal partiellement rédigé par IA reviendrait à fabriquer exactement le genre d'apparence que ce journal passe son temps à défaire. Un article engage donc le journal, et le journal seul.
Les erreurs
Une erreur factuelle est corrigée dans le texte, et la correction est datée et décrite en bas de l'article. Rien n'est retiré en silence : un article modifié le dit.
Chaque version d'un article est un enregistrement horodaté, et l'historique complet est conservé. Il n'est pas public à ce jour, et l'écrire est plus honnête que de laisser entendre le contraire. Ouvrir cet historique est la suite logique de ce qui est écrit sur cette page ; tant que ce n'est pas fait, la promesse s'arrête à la correction datée.
Une erreur à signaler se dit à contact@lelongterme.org, et une correction obtenue par un lecteur est une correction comme une autre : elle est datée, décrite, et elle reste.
Ce que cette approche ne garantit pas
La vérification porte sur les chiffres, les sources et les dates. La réécriture, elle, porte sur tout le texte, mais elle vise la lecture : elle corrige ce qui se lit mal, pas ce qui est faux. Réécrire n'est pas vérifier. Aucune des deux ne porte sur chaque proposition de l'article, et c'est la limite propre à l'assistance par IA : une phrase fausse peut être parfaitement bien écrite. Un raisonnement bancal passe plus facilement qu'un nombre inventé.
Les sources citées ne sont pas neutres. Sur un sujet technique, les données les mieux documentées viennent souvent d'une partie prenante — une filière, une agence, une association qui défend une position. Elles sont citées quand elles sont les meilleures disponibles, et leur intérêt dans l'affaire est écrit à côté du chiffre.
Un article par semaine sur un sujet qui a occupé des juristes pendant des mois, c'est court. Le journal préfère creuser un point que faire le tour de tous. Ce qui reste ouvert est écrit noir sur blanc : chaque article porte une section « ce que nous ne savons pas », et elle n'est pas là pour la forme.
L'électricité
Chercher a un coût. Google mesure sa propre IA à 0,24 Wh par requête texte, en médiane (rapport technique du 21 août 2025) ; c'est l'opérateur qui juge son produit, et cela se lit comme tel. Une estimation indépendante situe une requête à ChatGPT autour de 0,3 Wh (Epoch AI, 7 février 2025).
En face, aucune mesure récente n'existe. Le chiffre que tout le monde cite, 0,3 Wh, vient d'un billet de Google du 11 janvier 2009. Wim Vanderbauwhede, à l'université de Glasgow, lui a appliqué quinze ans de gains d'efficacité et publie 0,042 Wh en janvier 2025, sept fois moins. C'est une extrapolation de la valeur de 2009, non une mesure nouvelle, et son auteur la dit conservatrice.
Rapprocher les deux donne cinq à sept fois, loin des dix ou quinze qu'on lit souvent. Ce rapprochement croise une mesure et une extrapolation produites par deux parties distinctes : il donne un ordre de grandeur, pas un rapport. Ce coût est assumé pour ce qu'il achète : les heures de recherche documentaire qui rendent le rythme tenable. Chiffres relevés le 31 août 2026.
L'argent
Le journal n'a ni publicité, ni annonceur, ni financement public. Son coût de fonctionnement est celui d'un nom de domaine et d'une part de serveur mutualisé. Si cela change, cette section changera avant.